Passion, Tradition et Création.

En 1966, Sylvette Amy, jeune ballerine travaillant alors dans un cabinet d’architecte, et son époux Raymond diplômé des Beaux Arts d’Aix en Provence en poste au CNRS de Marseille, décident ensemble de créer un atelier dans lequel ils pourront exprimer leur attachement à la création d’une part mais à la Provence et ses traditions surtout. C’est ainsi qu’ils ouvrent leur Atelier de Santons : les Santons Sylvette Amy.

Raymond exprime ses talents dans le modelage de chacun des personnages emblématiques de la crèche provençale. De la sainte famille aux personnages provençaux il laisse aller son inspiration qu’il puise autour de lui.
Il a toujours était coutume de dire que le santonnier s’inspirait de ses proches pour modeler le visage de ses santons. Et Raymond n’a pas faillit à cette tradition. Aussi l’on peut reconnaître sous les traits d’une marchande de fleurs ceux de son épouse Sylvette, ou sous ceux du berger ses propres traits. Mais le personnage pour lequel il s’est le plus inspiré de sa famille est celui de La Margarido, santon emblématique de la crèche provençale, auquel il a donné les traits de sa grand-mère paternelle bien-aimée.
Mais le santon n’est pas qu’une sculpture bien inspirée, il est aussi le reflet d’une tradition vestimentaire des temps passés, emblème de notre folklore méridional. Car si l’habit ne fait pas le moine c’est bien le costume qui fait le santon. Et c’est à la confection de chaque élément des costumes et accessoires que Sylvette met à profit ses talents de couturière hérités des femmes de sa famille.
Elle va s’attacher aux moindres détails, de la dentelle soigneusement cousue aux manches des chemisiers des femmes, aux galons des gilets des hommes. Rien n’est laissé au hasard. Chaque plissé de châle, de coiffe et jusqu’à ce que le dernier accessoire soit posé, Sylvette Amy créé des santons fidèles à la tradition.

Le développement économique

Le succès de leurs créations va leur permettre de rapidement quitter le salon de leur maison improvisé en atelier pour s’installer dans un premier local. Mais c’est quatre ans plus tard, que l’histoire des Santons Sylvette Amy va prendre une nouvelle dimension.
Nous sommes au début des années 70 et depuis longtemps Raymond entretient un lien d’amitié avec les Fils Sicard, Georges et Théo, qui ont repris la succession de la faïencerie de leur illustre père Louis Sicard.
Cette année là Théo, disparaît laissant son frère Georges sans successeur à la création au sein de la faïencerie. En 1972, Georges décide de transmettre le flambeau à son grand ami Raymond qui honoré y voit là aussi un signe du destin puisque Louis Sicard était le frère de la plus célèbre santonnière d’Aubagne, Thérèse Neveu, qui a modernisé la fabrication des santons et créé pour la première fois un atelier uniquement consacré à leur production en 1925, professionnalisant ainsi le métier de Santonnier.
L’atelier des Santons Sylvette Amy vient donc s’installer au 2 Boulevard Emile Combes dans une dépendance de « l’usine » Sicard, qui donne sur le boulevard.

Pendant près de 25 ans les deux artisanats vont ainsi cohabités jusqu’à ce le développement économique des Santons Sylvette Amy et la recrudescence des expositions de fin d’année leur imposent de déménager l’atelier des santons pour un espace plus grand situé sur la route de Gémenos.

En véritables visionnaires Sylvette et Raymond comprirent très vite l’impacte culturel que représentait leur artisanat au-delà des frontières de la Provence. Aussi, en partenariat avec la chambre de commerce de Marseille c’est en ambassadeurs des santonniers qu’ils vont exposer leur savoir faire à travers le monde du Japon aux états Unis en passant bien sûr par Paris.

Mais la spécialité de Raymond Amy c’est la réalisation de grandes crèches panoramiques. Mettant à profit sa formation d’architecte, il va créer des crèches dans la France entière. Les reliefs, bastides provençales, places de village et jusqu’aux jardins et potagers sont criant de vérité. Chacune de ses réalisations est unique.

La succession

En 1994, Emmanuel Agnel, un jeune homme autodidacte et talentueux intègre la société et va très vite trouver en Raymond Amy son mentor, qui jusqu’à sa disparition en 2000 va lui apprendre le métier de santonnier d’une part et de créchiste d’autre part.
En 2001, Emmanuel épouse Florence Amy et ensemble, comme Sylvette et Raymond, ils vont s’attacher à faire perdurer les deux artisanats d’art provençaux, elle à la faïencerie Louis Sicard et lui aux Santons Sylvette Amy. Ils créent alors la Société Les Deux Provençales.
Mais 2017 marque un nouveau tournant dans l’histoire de ses traditions familiales. En effet, Emmanuel et Florence décident de redonner une identité propre à chacun des deux artisanats.
Florence Amy à la direction des Deux Provençales gère Les Faïences Louis Sicard et pour la première fois depuis 45 ans Emmanuel Agnel créé la société Santons Sylvette Amy.
Et comme un clin d’œil de l’histoire, la ville d’Aubagne-en-Provence confie à Emmanuel Agnel la conception d’un grand village provençale avec le plus grand nombre de santons exposés ouvert en décembre 2017.